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Meurville, un village de vallée :

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Situé à 8 km de Dolancourt et du parc d'attraction de Nigloland, à 9 km de Bar-sur-Aube, à 14 km d'Arsonval et du musée Loukine, à 16 km de Bayel, la cité du cristal, à 18 km de Vendeuvre-sur-Barse, à 21 km de Port Dienville, à 24 km de Colombey-les-deux-Eglises et de son Mémorial Charles de Gaulle, à 25 km de Brienne-le-Château et de son musée Napoléon, à 25km d'Essoyes, village des Renoir, avec la maison de famille du peintre Pierre-Auguste, à 35 km du château de Cirey-sur-Blaise où vécut le philosophe éclairé et iconoclaste Voltaire, à 37 km de la Maison du Parc naturel régional de la Forêt d'Orient, le village de Meurville est entouré de coteaux dont les premières pentes sont plantées de vignes. La forêt de Bossican est présente sur les sommets et les versants exposés au nord. La culture a gagné les secteurs aux reliefs moins accentués.

Les environs de Meurville abondent en fort beaux points de vues, surtout si l'on vient de la forêt de Bossican (et donc de la sortie n°22 Magnant de l'autoroute A5, située à 12 km).

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 (Archives privées Fabrice Perron)

Le nom vient de Mauri Villa, signifiant le domaine de Maurus, nom germanique. Il est cité dès 1179 dans les documents de l'abbaye de Clairvaux et y figure sous le nom de Minor Villa. C'est pourquoi nous avons choisi avec notre cuvée Prestige Minor Villa, d'une grande maturité, de souligner à la fois le passé viti-vinicole historique de notre commune et le lien fort avec l'abbaye de Clairvaux, située à 17 km, dont le frère Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, a été canonisé en 1174, devenant ainsi Saint Bernard de Clairvaux.

Le territoire de Meurville était habité dès l'époque romaine, encadré par deux voies d'importance : celle de Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer) à Lugdunum (Lyon) et celle de Durocortorum (Reims) à Andematunum (Langres). Des vestiges gallo-romains existent aux alentours et méritent d'être observés : à Bar-sur-Aube, Proverville, Spoy (un pont du IIe siècle, construit sur le modèle du pont de Fabricius à Rome, permettait de rallier Bar-sur-Aube à Troyes, voie secondaire raccordée à la voie d'Agrippa allant de l'Italie aux Flandres).

Meurville abrite en son sein une église de la fin du XIIe-début XIIIe. Celle-ci, s'appuyant sur un plan en forme de croix latine a une abside à cinq pans voûtés en pierre ; la nef, elle, est voûtée en berceau de bois, avec entraits. Dans l'abside et dans la nef, on peut y apercevoir des peintures murales.

Une visite de l'église vous permettrait également d'observer un beau retable, peinture sur bois reproduisant le Christ entre les deux Larrons (XVIe siècle) et à l'entrée du choeur, un arc triomphal.

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 (Archives privées Fabrice Perron)                                                       (Collection MFT)                                                                                                 (Collection MFT)

Comme tous les villages situés à proximité de l'Abbaye de Clairvaux, une portion du territoire et des habitants passa aux mains des moines. Ceux-ci, grands défricheurs et vignerons avertis, possédèrent bientôt la plus grande partie des coteaux. L'abbaye de Clairvaux avait sur Meurville une grange, où les moines recevaient probablement la dîme. L'incendie de cette grange fit l'objet d'actes de justice entre 1573 et 1611.

Une autre partie du territoire de Meurville appartenait à des familles laïques. Au cours du XIIIe siècle, Meurville est inclus dans la seigneurie de Jaucourt avec Spoy, Bligny et Argançon. Au XVe siècle, on trouve, à Meurville, Guillaume de Mello, seigneur de Saint Bris (près d'Auxerre). A la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, apparaissent les seigneurs de Dinteville, de Spoy. Ils ont repris en main les gens de la vallée du Landion (Argançon, Bligny, Meurville, Spoy), comme le prouve l'acte de partage de cette seigneurie en 1504. Au XVIe siècle, une partie du finage de Meurville appartient à la famille de la Rochefoucauld de Barbezieux, propriétaire du château de Vendeuvre

Vint ensuite l'époque des guerres de religion. Meurville, comme les autres villages de la vallée du Landion, fut aux mains des Ligueurs. Ces derniers occupèrent le château de Spoy. En 1642, Marie de Bussy, femme de François Ier, comte d'Estoring, et sa soeur Huberte de Bussy, épouse de Jean de Mergrigny, conseiller d'Etat, premier président au Parlement de Provence et baron de Vendeuvre, possédaient à Meurville tout ce qui n'était pas entre les mains des moines...

150 ans plus tard vint l'ère de la Révolution. Les images d'Epinal sur la Révolution sont nombreuses et il faut raison garder. Non, nous ne trouvons pas d'usage de guillotine (sic) dans notre village, ni même de révolte paysanne. Ce n'est pas là très surprenant : à Reims même, pourtant la plus grande ville champenoise (même si la taille de Troyes est très voisine à cette époque), la Révolution est assez calme, malgré une émeute frumentaire au début de la Révolution et la présence de babouvistes comme Armonville.

Cependant, qui lit les registres de délibérations de la récente municipalité de Meurville constatera une évolution dans le ton et dans les sujets évoqués avec l'arrivée de la Révolution. Nous pouvons noter ainsi la première apparition du mot citoyen le 27 novembre 1789 ; référence est faire également à l'assemblée nationale et au "patriotisme des vrais Français". La commune est désormais sous l'autorité du maire Jean-Baptiste Devaux, qui, avec l'ensemble des membres du conseil municipal, appelé alors conseil général de Meurville, désigne Philippe Jeanson pour signer à Troyes l'acte d'adhésion et de confédération. Ce dernier devient ensuite le commandant des 40 citoyens désignés aptes à porter les armes et à rejoindre la garde nationale. Le 14 juillet 1790, alors que les parisiens se pressent pour célébrer la fête de la fédération, les habitants de Meurville se réunissent auprès de leur maire Jean-Baptiste Devaux, lequel prête alors serment à la nation, à la loi et au roi.

 

Rien de particulier donc dans l'histoire de Meurville pour qui connaît bien la période révolutionnaire. Meurville a aussi contribué aux réquisitions de volontaires, a donné une partie de ses grains et de ses fourrages à l'armée révolutionnaire.

Néanmoins, il faut souligner l'aventure du curé Robert... Comme il était désormais obligatoire pour les desservants de l'Eglise, le curé Etienne Robert avait prêté serment à la constitution civile du clergé le 6 février 1791.Mais un mois plus tard, il se rétractait, disant avoir fait dans son serment des restrictions non portées au procès-verbal et promettant d'en prêter un autre. Il fut alors inscrit comme suspect sur le registre du comité de surveillance et remplacé par Baudin, nommé curé de Meurville le 25 septembre 1791. Ce dernier se dépêcha de prêter serment. Restait à s'occuper du citoyen Robert, désormais démis de ses fonctions. Il fut alors examiné par Pillard, officier de santé à Bar sur Aube, qui écrivit alors un rapport sur la santé de l'ancien curé. Celui-ci a été trouvé "en état d'infériorité et de débilité". Il " a une fièvre haute et nerveuse, accompagné de mouvements compulsifs. Les parties inférieures sont dans l'étisie et la machine dans un état d'anéantissement et de relâchement". Cette description n'était-elle pas trop sévère ? L'observation de l'officier de santé n'aurait-elle pas été qu'un simple moyen de confirmer la justesse de la décision de l'éviction du curé ? Toujours est-il qu'il n'était donc pas recommandé à celui-ci de quitter Meurville, sous peine d'aggraver sa santé. Cela n'empêche pas les autorités départementales d'annoncer son départ au chef-lieu du département pour y être reclus. Mais le 21 mai 1795, le juge de paix de Couvignon fait savoir que" vu son âge (64 ans) et son état, il sera reclus chez lui". Ainsi finit-il sa vie, ce curé n'ayant pas voulu concilier religion et politique. Il est à noter que son successeur n'en profitat pas : les églises devant être fermées, Baudin dut évacuer la maison curiale.

La "grande Révolution" terminée, que s'est-il passée à Meurville au XIXe siècle ? Pour répondre à cette question, nous ne reviendrons pas ici sur les évènements politiques et soulignerons essentiellement les évolutions internes à la commune. Il est probable cependant que Meurville n'ait pas échappé à l'agitation existant dans les pays baralbin et briennois en 1814 lors de la campagne de France. Des combats se déroulèrent en effet à Fontaine et à Bar-sur-Aube le 24 janvier et au pont de Dolancourt le 28 février. Entraînèrent-ils des reconnaissances ou patrouilles autrichiennes jusqu'à Meurville ? La question reste entière.

Le XIXe siècle est le temps des premières constructions d'infrastructures dont certaines sont encore visibles aujourd'hui. A vous de les repérer lors de vos prochains passages.

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                                                                                                  (Collection MFT)

Citons quelques dates ayant marquées l'histoire de Meurville pendant cette période, contribuant notamment à modifier son paysage.

En 1835, une maison fut achetée par la commune pour y abriter une école. Mais l'édification d'un bâtiment abritant à la fois la mairie, l'école et le logement de l'instituteur fut conduite de 1880 à 1885. Le même bâtiment remplit encore aujourd'hui les deux premières fonctions.

(La mairie, le 18/2/1910)  mairiemeurvilleweb

                                                                                                         (Collection MFT)

 

 

Entre 1859 et 1861, la municipalité souhaite le remplacement du pont en bois sur le Landion, situé à l'entrée du village et sur la route allant en direction de Couvignon, par un pont en pierre. Ce souhait fut rapidement exécuté, un peu trop même. En efet, dès le 21 juin 1889, l'agent-voyer d'arrondissement avertit la municipalité que les maçonneries déjà éprouvées par la crue de 1875 sont compromises par les gelées. La reconstruction est donc demandée et approuvée le 1er août 1890. Au pied de ce pont, il existait alors, et ce jusqu'en 1908, l'abreuvoir communal.

En 1886, Meurville fut dévasté par des incendies : ceux-ci auraient été dus à des enfants, "chenapans" d'alors, qui mirent le feu en jouant avec des allumettes. Une grange et une maison d'habitation furent ainsi détruites. Cette année fut également marquée par la triste fin de l'orme planté devant l'église. Celui-ci fut abattu par la foudre en 1886. Cet arbre ayant deux mètres de diamètre, six mètres et demi de pourtour contribuait alors à la réputation du village dans le pays baralbin. Certains témoins du XIXe siècle prétendaient que son origine remontait à Sully, ce qui lui conférait lorsqu'il fut détruit, moins de trois cent ans d'existence. Ces témoignages semblent erronés et nous pouvons supposer une plus grande antériorité. La dimension de cette arbre laisse en effet plutôt penser à une existence datant de quatre siècles. Ceci infirme l'hypothèse de Maurice Rousseau, ancien bibliothécaire de la ville de Bar-sur-Aube. Ce dernier affirmait qu' "on se rapprocherait [...] de l'époque de Louis VII durant laquelle saint Bernard venait de fonder l'abbaye de Clairvaux; or, comme c'est sur l'ordre de ce moine que l'église de Meurville fut construite, tout laisse à penser que l'orne fut planté à ce moment là". Il est bien difficile d'accepter ce raisonnement : Louis VII ayant régné de 1137 à 1180, nous sommes bien au delà des quatre siècles, qui eux correspondent au règne de Charles VII. Un autre orme fut planté en 1919, surnommé "l'arbre de la liberté". René Perron, a participé à sa plantation. En 1985, il a fallu le remplacer par un tilleul et Fabrice Perron, âgé de 8 ans, a a été choisi par la mairie, en hommage à son arrière grand-père René pour inaugurer cet arbre et déposer une gerbe.  Vous pouvez encore voir ce tilleul sur la place du village. 

 

 

Au début du XXe siècle, les problèmes de voirie, évoqués plus haut, étaient encore bien présents. Il faut attendre le 5 juin 1910 pour trouver une remarque du conseil muncipal indiquant que " la chaussée est recouverte de glace en hiver et que des travaux d'assainissement doivent être entrepris".

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                                                                                      (Collection MFT)

 

L'éclairage des rues était également abordé au sein du conseil municipal et une délibération du 16 octobre 1913 aboutissait à un traité d'éclairage entre la commune et un industriel de Bordeaux, Monsieur Parpaillon, annoncé comme l'inventeur d'un système à gaz hydrocarburé (pétrole).  Il semblerait que ce dernier soit en réalité un négociant. L'installation de vingt lampes était prévue à Meurville. Mais la guerre de 1914-1918 met un terme à ce projet et appella en effet aux armes tous les hommes valides qui furent pour la plupart incorporés dans l'infanterie ou l'artillerie. Seize d'entre eux tombèrent pour leur patrie au cours des quatre années d'hostilités. A ces morts, s'ajoutent également pour Meurville les inconvénients (réquisitions) d'une présence, à plusieurs reprises, de détachements de troupes françaises, au repos ou en étape, ainsi qu'en 1918, d'un petit groupe de soldats américains. 

Les années folles sont marquées par quelques fêtes et manifestations, comme celle de 1921, où Meurville et les autres villages viticoles de la Côte des Bar défendent l'appelation Champagne et la cause auboise. Plusieurs membres de notre famille se retrouvent dans cette manifestation.

(Archives privées Fabrice Perron)

 

 Les hostilités de 1939-1945, elles ne causèrent à Meurville aucuns dommages : il n'y eut en effet ni bombardement, ni combats. Aucun soldat allemand demeura dans le village, même dans les tous premiers jours qui suivirent l'armistice. Cette guerre fit cependant des victimes : une militaire, deux civils, qui trouvèrent la mort en exode, et une quatrième, morte dans un bombardement à Amiens où elle servait au titre de la croix rouge. Il faut noter aussi que durant l'exode de 1940, deux personnes seulement demeurèrent à Meurville. Le temps de l'occupation qui suivit fut à Meurville, comme ailleurs, durement ressenti et est resté longtemps vivace dans la mémoire des anciens du village. La main d'oeuvre était rare, car les prisonniers étaient nombreux, les produits indispensables manquaient et les agriculteurs eurent à satisfaire à de lourdes réquisitions.

Dans les années 1950, la vie à Meurville est plutôt calme avec un quotidien marqué par les activités viticoles et agricoles.

 

Quelques photos des années 1960 :

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(Ces deux photographies viennent d'archives privées de Fabrice Perron : la reproduction est interdite sans autorisation)  

 

 

Présentation de Meurville et interview de Fabrice Perron pour La Champagne Viticole, janvier 2014

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